INTERVIEW de FRANCIS ANDREUX (mai 2008)
Quel est
l’historique de l’association ? A-t-elle été créée en même temps que le
master ? A l’initiative de qui ?
Quel est, pour
vous, l’intérêt de cette association ?
Il est capital. Vous savez qu'on a souvent l'habitude d'opposer l'organisation assez corporatiste mais très efficace, des Elèves et Anciens Elèves des Grandes Ecoles d'Ingénieurs, avec l'isolement relatif des étudiants des Universités, qui tissent beaucoup moins de liens entre eux durant leur cycle universitaire, et les pérennisent encore moins lorsqu'ils passent à la vie active. Sans insister sur les aspects festifs, qui sont nécessaires aussi, en ce sens qu'ils créent une bonne atmosphère dans les classes, et favorisent des liens de toutes sortes… Mais, dans des filières dites "professionnalisantes" à bac + 5, nouvelles venues sur le marché de la formation, il importe non seulement de faire connaître leur contenu pédagogique, mais également le profil des étudiants qui y entrent, et surtout qui en sortent, en mettant en valeur ce qu'ils y ont acquis. Ce d'autant plus que ces nouveaux diplômés peuvent - et doivent - entrer en concurrence avec les Ingénieurs, notamment dans la quête d'un premier emploi. L'existence des Associations d'Anciens permet cette "promotion" de la filière, en montrant à la fois les traits communs aux étudiants qui l'ont suivie et ceux plus spécifiques à chacun.
Naturellement, il ne s'agit pas de demander à l'Association de faire le travail de l'équipe pédagogique et de l'Etablissement, qui ont à animer la filière et à y susciter le maximum de candidatures. Le but est plutôt de renforcer cette démarche "officielle", en y ajoutant le point de vue de l'étudiant. Au-delà, de telles associations créent un certain "esprit de corps" (passez-moi l'expression, même si elle est un peu forte) et permettent aussi aux anciens qui sont en position dans les entreprises, de prospecter dans leur ancienne formation, pour y recruter des stagiaires et des cadres nouveaux.
Avez-vous
observé une évolution de l’association, concernant les statuts, les activités,
etc. ?
En ce qui concerne le "relationnel", un changement important, en remontant un peu dans le temps, a été la création d'une liste de dialogue, en été 2001, sur le site "dess_ere@yahoo.fr". Elle a notamment permis une circulation plus ample et plus systématique qu'avant, des offres d'emplois. Parallèlement, s'est mis en place le site Internet du DESS, devenu depuis celui du M2 Pro (http://www.u-bourgogne.fr/masterpro-ere/), qui est tenu par les responsables pédagogiques (en particulier mon collègue Philippe Amiotte Suchet), mais dont il est convenu que la mise à jour périodique incombe aux étudiants de la promotion en cours. Cela me donne l'occasion de mettre le doigt sur un autre aspect positif de l'Association : c'est qu'elle donne une forme officielle, quasi contractuelle, au dialogue avec les animateurs et intervenants de la filière. Ce lien supplémentaire nous rappelle que nous sommes entre professionnels, avec non seulement vos maîtres de stages, mais aussi avec vous, les étudiants, qui moins d'un an plus tard, serez dans la vie active.
Avant cela, encore, l'Association avait mis au point la première plaquette d'information sur le DESS, largement diffusée à l'époque, avec comme (beau) "slogan" : "Se Développer, c'est Naturel"! Une autre, qui n'a jamais été diffusée, devait prendre le relais. J'avais proposé qu'on s'en serve au moment du passage au LMD [Plaquette].
Pour évoquer les activités, il est difficile de parler "d'évolution", car cela dépend totalement des opportunités, outre le dynamisme propre à chaque promotion. Ainsi, quelques rares années, presque rien ne s'est passé, autrement qu'en interne. Mais le plus souvent, chaque promotion a fortement marqué l'Université par son passage. On peut citer comme points forts : une participation collective à la Fête de la Science, sur le thème "La Terre, notre Planète" (en Octobre 1997) ; un voyage d'étude en République Tchèque (au printemps 1998) ; l'organisation de tables rondes sur l'emploi en Environnement (en septembre 1999, je crois) ; un investissement solidaire dans la lutte contre la "marée noire" sur les plages de l'Atlantique (début 2000) ; un voyage d'étude en Hongrie (en hiver 2001) ; le lancement d'une étude préalable sur le "Pays des 4 Lacs", préfigurant notre actuel stage de terrain en Haute-Marne (au printemps 2003)…
Avez-vous des
commentaires sur l’association ? Des souhaits pour son évolution future ?
J'ai l'impression d'avoir un peu anticipé sur cette question, dans mes réponses précédentes. Ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que cette Association a beaucoup de mérite à exister car, contrairement aux associations d'élèves-Ingénieurs, les associations de M2 Pro n'ont qu'une année universitaire (moins le semestre stage) pour se mettre en place et fonctionner. Peut-être deux dans l'avenir, si l'on parvient à bien "fidéliser" le public entré en M1, afin qu'il ne postule pas à d'autres filières? D'où l'intérêt de bien travailler les relais, à chaque rentrée, voire un peu avant si possible. A prendre en compte aussi, la vie du Campus : il est important de rencontrer les autres associations, d'essayer de mettre en commun les forces pour lancer des initiatives d'ampleur (ce qui a été fait ou tenté récemment avec l'Association de Géologie). Il faut aussi être en relation avec l'Administration universitaire, notamment le Service de la
Communication, afin de bénéficier de toute la correspondance destinée aux différentes associations du Campus, et aussi de participer chaque année à la "Journée des Associations". Certaines années, cette intégration a très bien fonctionné. Elle a même permis à l'Association de recevoir une subvention présidentielle, à titre assez exceptionnel il est vrai (l'année de la "marée noire").
Le plus gros travail est sur la durée. Il me semble en effet qu'il incombe à ceux qui ont été les plus dynamiques au cours de leurs études, de continuer à faire vivre l'Association depuis leurs lieux d'activité professionnelle respectifs, afin de constituer un vaste réseau de spécialistes en environnement. A noter que ce réseau, déjà très pluridisciplinaire au niveau de l'Hexagone, pourrait avoir une dimension - donc une expertise - internationale, si l'on considère le nombre non négligeable d'anciens venus d'autres pays européens, africains, et même américains, ou qui y ont trouvé un emploi. Mais ce n'est qu'un souhait, puisque vous me demandez "des souhaits", avec peut-être un peu d'idéalisation : la réalité, c'est le vécu de chaque étudiant, et de chaque promotion, à chaque fois qu'existe un "esprit de promo"!